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Articles

Affichage des articles du 2013

Les trois meilleures décennies de l'histoire

En 1981 et sur la base des données de la Banque mondiale exprimées en dollars de 2005 ajustés de la parité du pouvoir d'achat (PPP), on estime que 52,2% de la population mondiale vivait avec moins de $38 par mois ($1,25 par jour). Trente ans plus tard, en 2010, cette proportion était tombée à 20,6%.Une autre manière de voir les choses consiste à découper la population mondiale en trois groupes : les 10% les plus pauvres, les 10% les plus riches et les 80% qui ne sont, selon ces définitions, ni riches ni pauvres et que nous appellerons les « classes moyennes ». Par « seuil de pauvreté », nous entendrons le niveau de revenu qui sépare les pauvres des classes moyennes et par « seuil de richesse », nous désignerons la limite entre classes moyennes et riches.Selon ces définitions, en 1981, vous étiez pauvre si vous viviez avec moins de $14,68 par mois et vous étiez riches à partir de $189,8. Trente ans plus tard, en 2010, le seuil de richesse était passé à $327 par mois - soit une augm…

Le salaire brut n'est que pure fiction

Comme il semble que cette notion n’est pas tout à fait claire pour un grand nombre d’entre nous, je voudrais profiter de cette trêve des confiseurs pour bien établir un principe qui me semble essentiel : le salaire « brut » est une pure fiction. C’est un artifice administratif et comptable qui n’a pas d’autre objet que de faire croire aux salariés qu’ils ne payent que les charges dites « salariales » tandis que les charges dites « patronales » sont à la charge de leurs employeurs. En réalité, cette distinction n’est qu’un écran de fumée.En tant que salarié, vous louez votre travail à un employeur en contrepartie d’une rémunération – essentiellement fixe et versée à la fin de chaque mois – qui est le prix de marché de votre travail. C’est ce qu’on appelle un salaire. C’est le prix auquel vous acceptez de louer vos services et c’est le prix auquel votre employeur accepte de les payer. Concrètement, sur votre bulletin de paie, votre véritable salaire est égal au salaire dit « brut » augm…

L'inversion de la courbe

100%Voilà la situation : dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee estime – avec toutes les précautions d’usage [1] – que le taux de chômage, en hausse de 0,1% à 10,9% au troisième trimestre 2013 devrait s’établir à environ 11% d’ici la mi-2004. En d’autres termes, l’organisme public auquel l’État confie l’élaboration de ce type de statistiques, ne voit aucune inversion de la fameuse courbe du chômage dans un horizon prévisible à moins, bien sûr, de procéder par symétrie horizontale.Seulement voilà, pris d’un réflexe sarkozien, le Président de la République s’est empressé de d’apporter un démenti poli aux statisticiens de l’Insee en confirmant que, malgré ce que raconte l’Institut national, « tout est fait pour que l’inversion de la courbe du chômage puisse être réalisée », que les contrats de génération, les emplois d’avenir et la politique volontariste du gouvernement justifient pleinement la confiance présidentielle [2]. D’ailleurs, note – non sans humour – le président normal,…

Sauvez les mômes

Il y a bientôt quatorze ans, je devenais papa pour la première fois. J’en ai trois aujourd’hui et, d’un commun accord avec mon épouse, nous allons en rester là. Une chose que la paternité a profondément changé en moi, au-delà des nuits en pointillés et miettes sur le canapé, c’est que je ne supporte plus l’idée même qu’il puisse arriver quelque chose de mauvais à un gamin. C’est devenu viscéral.J’en ai pris conscience il y a quelques années, alors que je regardais un très mauvais film-catastrophe : un terrible virus ravage le monde et un jeune couple de parents australiens, comprenant que ni eux ni leur petite fille n’y échapperont, décident de mettre fin à leurs jours pour échapper au fléau. Papa et maman font boire à leur petite fille le poison, le boivent à leur tour et ils s’allongent tous ensemble.J’en ai chialé.Je vous prie de croire que ce film était un véritable navet mais c’est ce navet qui m’a fait prendre conscience de ce que la paternité avait changé en moi. Ne touchez pas…

La petite eau russe

On dit souvent des russes qu’ils sont de solides buveurs et, si l’on en croit les données collectées par l’Organisation mondiale de la santé [1], il semble bien que cette réputation est loin d’être usurpée : avec de 15,76 litres d’alcool pur par an et par adulte, soit plus de deux fois et demi la consommation moyenne à l’échelle planétaire (6,13 litres), les concitoyens de Vladimir Poutine seraient les quatrièmes plus gros consommateurs d’alcool au monde.Mais au-delà du volume, il faut aussi tenir compte des spécificités du mode de consommation russe. En schématisant un peu, on peut dire que la consommation des européens de l’ouest se caractérise par l’absorption régulière et largement répandue d’alcools légers : les français (13,66 litres/an) boivent bien sûr surtout du vin [2] à table tandis que nos amis irlandais (14,41 litres/an) sont, sans surprise, plutôt portés sur la bière au pub. En Russie, c’est tout à fait différent : on estime que trois russes sur dix sont totalement absti…

Babel

« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
« Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent. Ils se dirent l’un à l’autre :
« Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! »
La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment. Ils dirent encore :
« Allons ! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. »
L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes, et il dit :
« Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris ! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté. Allons ! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement. »
L’Éternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. C’est pourquoi on l’appel…

Lettre à Arnaud Montebourg

Cher Arnaud,Mardi dernier, tu t’es lancé dans une opération de communication personnelle sur Twitter – ce qui, en soi, m’étonne venant de quelqu’un qui fustige la mondialisation à longueur de discours – dans laquelle tu accusais la politique low-cost de Xaviel Niel de détruire des emplois dans les télécoms. Manque de chance, ledit Xavier Niel a saisi la perche que tu lui tendais bien imprudemment pour te rappeler qu’entre 2009 [1] et 2012 le nombre d’emplois directs dans le secteur des opérateurs de communication électronique est passé de 124 232 à 128 810 postes ; soit un gain net de 4 578 emplois – que ton contradicteur arrondi à « 5K » et s’attribue un peu vite, certes. Toujours est-il que ce sont les chiffres de l’ARCEP et que, sans même évoquer le décalage avec ton discours de janvier 2012, ton opération de com’ est tombée à l’eau. Assez lamentablement je dois dire..@montebourg Telecom: 124K emplois directs en 2009, 129K en 2012 + 5K emplois créés grâce à #FreeMobile. Et votre bi…

Taxe sur les salaires

Si vous faites partie de celles et ceux qui pensent que les charges salariales sont payées par les salariés tandis que les charges patronales le sont par les patrons, je ne saurais que trop vous conseiller d’interrompre séance tenante la lecture de ce papier. Si vous deviez néanmoins passer outre cet avertissement et poursuivre votre lecture malgré tout, cliquez ici.Vous êtes toujours là ? Bien, poursuivons.Soit Paul, un salarié français qui coûte 49 990 euros par an à son employeur – c’est son véritable salaire, la valeur de marché de son travail. Son « salaire brut » (qui n’est que pure fiction [1]) est de 31 199 euros et son salaire net, le montant total des douze chèques mensuel signés par son patron, est de 22 530 euros. Une fois réintégrées la CSG et la CRDS non-déductibles, le salaire net imposable de Paul s’élève à 23 478 euros [2].Si l’on suppose qu’il n’utilise aucune des nombreuses options qui permettent à nos compatriotes de réduire leur Impôt sur le Revenu des Personnes P…

WestJetChristmas

Le bonheur de notre humanité ne dépend pas de nos gouvernements, il dépend d’initiatives privées. Enjoy! #WestJetChristmasTristement, ce genre de choses n’arrive pas en France.

15 heures payées 35 : qui dit mieux ?

Pour mémoire, en France et en 2012, le salaire horaire médian était de 11,05 euros nets et, à partir de 21,88 euros, vous comptiez au nombre des 10% des salariés les mieux payés.Selon Louis, éboueur à Marseille interrogé par rue89 le 10 décembre 2012, son salaire net mensuel atteint 1 278 euros (1 660 bruts) auquel s’ajoutent 459 euros nets de primes diverses ; soit un total de 1 737 euros nets si l’on omet de compter les divers petits avantages que confère le fait de travailler pour la ville comme la carte bus-tramway-métro à prix cassé (1,65 euros / mois contre un peu plus de 36 euros pour le commun des mortels) ou la mutuelle des municipaux (63 euros / mois). Bref, 1 737 euros nets pour une journée de travail de 7 heures (35 heures par semaine ou 151,6 heures par mois), ça fait un salaire horaire d’environ 11,46 euros nets ce qui place Louis au-dessus du salaire médian.Seulement voilà, toujours selon Louis, il ne travaille pas 7 heures par jour mais plutôt 4h30-5 heures. Fort bien,…

Gras comme un rat à Marseille

Sur Causeur, Jean-Paul Brighelli, se plaint de la prolifération des rats à Marseille. Fort bien, mais allons jusqu’au bout.S’il y a des rats, si nos rues sont si sales, c’est parce que les ordures jonchent les trottoirs et si les ordures prolifèrent, c’est parce que les camions-bennes qui sont supposés les ramasser ne le font pas. C’est le fameux fini-parti, maintes fois dénoncé, notamment par la Cours des comptes, qui permet à nos sympathiques « agents de surface » de rentrer chez eux quand ils estiment avoir accompli leur tâche. En pratique, cela signifie qu’ils ne ramassent qu’une poubelle sur deux – quand ils ne sont pas en grève, bien sûr – et bouclent leurs tournées en 3h30 au lieu des 7h00 sur la base desquelles ils sont payés (chiffre de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur pour 2007).Saviez-vous que la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) dont s’acquittent les marseillais est la plus élevée de France ? En 2011, à Lyon, s’était 70 euros …

Brisons le thermomètre !

Réponse à Jérôme Leroy.Il va de soi que si l’Éducation Nationale d’État n’est plus capable d’enseigner les rudiments les plus élémentaires de lecture et de mathématiques aux gamins qui lui sont confiés, c’est à cause de la mondialisation néo ou ultralibérale (au choix). Un monopole d’État, gratuit comme tout ce qui est financé par l’impôt (c’est-à-dire pas du tout gratuit) et, qui plus est, obligatoire : c’est la marque évidente d’un libéralisme débridé et si ça ne fonctionne pas, si ça ne produit que des générations entières d’illettrés, c’est sûr, c’est encore un échec à mettre sur le compte de la mondialisation ultralibérale. Marine le Pen, d’ailleurs, ne dit pas autre chose quand elle affirme que – je cite – la « mondialisation ultralibérale défait l’école de la République. »Alors bien sûr, quand un odieux classement apatride, mondialisé et donc ultralibéral vient nous confirmer ce que tous les parents dignes de ce nom savent déjà, à savoir que le monstre technocratique (mais néol…

Croissance, emploi et productivité

Seul sur son île, Robinson Crusoé ne s’est jamais vraiment demandé comment faire pour accroître la quantité de richesses à sa disposition. C’était évident : il fallait en produire d’avantage. Parce que toute richesse doit être produite avant d’être consommée, le seul moyen de consommer plus, c’est de produire plus. De la même manière, Crusoé n’a pas eu besoin d’avoir recours à un manuel de macroéconomie pour comprendre comment produire plus ; il n’y a, pour schématiser, que deux méthodes possibles : travailler plus – consacrer plus de temps à la chasse – ou travailler plus efficacement – typiquement, en investissant dans la fabrication d’un équipement plus performant.Pour Robinson Crusoé, donc, la chaîne de causalité est claire comme de l’eau de roche : plus il travaille et plus travaille efficacement, plus il produit de richesse et donc, peut en consommer.Nos économies modernes sont des phénomènes extraordinairement complexes et il n’y a plus guère que dans les cabinets ministériels …

La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf

Lorsque Jean de la Fontaine publie son recueil de fables en 1668, voici à quoi ressemblait La Grenoüille qui &#383e veut faire au&#383&#383i gro&#383&#383e que le Bœuf :Une Grenoüille vid un Bœuf,
Qui luy &#383embla de belle taille.
Elle qui n’e&#383toit pas gro&#383&#383e en tout comme un œuf,
Envieu&#383e s’e&#383tend, & s’enfle & &#383e travaille,
Pour égaler l’animal en gro&#383&#383eur ;
Di&#383ant, Regardez bien, ma &#383œur,
E&#383t-ce a&#383&#383ez ? dites-moy : N’y &#383uis-je point encore ?
Nenny. M’y voicy donc ? Point du tout. M’y voila ?
Vous n’en approchez point. La chetive pecore
S’enfla &#383i bien qu’elle creva.Un peu moins d'un siècle plus tard, dans une édition de 1755, la conjugaison du verbe voir s'affirme, des i remplacent certains y et les accents commencent à se mettre en place (n'e&#383toitn'étoit ; s'e&#383tends'étend) :Une grenoui…

Réformer le français

« Sire,
« En se tems eureus de la pæs, &#383uxédée à tous les Fransois, qomme miraquleuzement, & du tout qontre l’aparense, par les éroiqes vertus, du Monarqe de l’univers, auqel n’æt çoze difisile.
« Voiant qe votre Majé&#383té, se déleqtoit de jour en jour, non &#383eulement à déqorer, Paris, de nouveaus ëdifises : &#383i éxélens, & aqomplis, qis font qe tous seus q'on tenoit, pour les merveilles de se monde ? ne &#383ont qe petis qous dé&#383é, & q'euvres de meins aprentises, entant qe qomparez à eus. Més au&#383&#383i a i varier, reformer, & renouveler, tout se qe votre Majésté, voit n'ætre réduit au parfet. »Vous venez de subir un court extrait de l’épître adressée à Henri IV par Robert Poisson en introduction de son Alfabet nouveau de la vrée, & pure ortografe Fransoize, & Modèle &#383us-iselui, en forme de Dixionére.Nous sommes en 1609, le moyen français, qui s’impose petit à petit comme la langue officiell…

Warren Buffet et Bill Miller : chance, talent ou autre chose ?

Warren Buffet est-il un génie ou a-t-il une chance de tous les diables ?Juste pour illustrer le phénomène : de 1964 – date à laquelle Buffet a pris le contrôle de Berkshire Hathaway [1] – à la fin de l’année 2012, les fonds propres par action de la firme d’Omaha ont progressé de 19,7% en rythme annuel ; soit 10,3% de mieux que l’indice S&P 500 (dividendes inclus) par an. En pratique, cela signifie que si vous aviez investi un dollar dans l’indice S&P 500 et systématiquement réinvesti les dividendes tout au long des 48 années suivantes, vous auriez aujourd’hui 75 dollars ; mais si vous aviez placé votre dollar dans Berkshire Hathaway en 1964, vous auriez 5 869 dollars [2].Très clairement, les résultats de Warren Buffet sont exceptionnels. Ils sont exceptionnels de par leur amplitude mais aussi de par leur régularité : en 48 ans d’activité, il a gagné de l’argent 46 fois (contre 37 fois pour l’indice S&P 500) et il a battu le marché 39 fois – c’est-à-dire dans plus de 80% de…

Dévaluation : que ferait le Général ?

Le général De Gaulle revient au pouvoir le 1er juin 1958, lorsque, sept mois avant qu’il ne prenne ses fonctions de premier Président de la Vème République, l’Assemblée nationale fait de lui le dernier Président du Conseil de la IVème République. Il y demeurera jusqu’à sa démission, le 28 avril 1969. Pendant un peu plus d’une décennie, donc, le « plus illustre des français » présidera aux destinées de son pays ; décennie qui se trouve être, selon les données de l’Insee, la meilleure que la France ait connu en terme de croissance économique. La présidence du Général, c’est le tiers le plus glorieux des Trente glorieuses ; fait d’autant plus remarquable que, lorsqu’il reprend les rênes de la France, l’essentiel de l’effort de reconstruction de l’immédiat après-guerre se trouve derrière nous.(La suite est sur Causeur.fr, en accès libre.)

Ne pensez pas valorisation : pensez rendement

Imaginez que vous ayez acheté l’indice S&P 500 [1] à son cours de clôture du 30 septembre dernier pour $1 le point d’indice ; soit un investissement total de $1 681,55.Bien sûr, le niveau absolu de l’indice n’a absolument aucune importance. Que le « prix » du S&P 500 soit 10% plus élevé que lors de son point haut du 30 septembre 2007 ne signifie absolument pas qu’il est trop cher : a minima, ce genre de raisonnement devrait tenir compte de l’inflation (en terme réels, le S&P 500 reste environ 2% en deçà de son niveau d’il y a six ans) mais surtout, il omet de tenir compte du fait que vous n’avez pas acheté de l’or ni du pétrole : vous avez acheté une part – certes infime – du capital des 500 plus grandes entreprises américaines cotées.Contrairement à l’or et au pétrole, les entreprises génèrent des revenus. C’est pour cette raison que nous acceptons de renoncer à la jouissance immédiate d’une part de notre pouvoir d’achat pour investir dans des entreprises : parce que nous…

Le coût du stockage

Je ne fréquente plus les librairies parce que je n’y trouve presque jamais les livres que je cherche. J’ai, en permanence, une liste de quatre ou cinq bouquins à acheter et, à chaque fois que j’ai tenté ma chance en librairie, on m’a proposé de les commander. C’est pour cette simple raison que je commande mes livres sur Amazon.Pourquoi, alors qu’on y trouve un rayon entier du dernier roman à la mode, le choix offert par librairies est-il si pauvre ?Bien sûr, me direz-vous, le stockage coûte cher. Surtout en ville. Garder un ou deux exemplaires de la Démocratie en Amérique pendant des années pour satisfaire le fan de Tocqueville que je suis, ce n’est a priori pas très rentable.Sauf, bien sûr, si le libraire vous fait payer ce service. Disposer, à deux pas de chez soi, d’un endroit où vous avez la quasi-certitude de trouver presque n’importe quel bouquin, c’est un service et pas des moindres.Sauf que voilà, parce que le prix des livres est réglementé en France, c’est interdit.Les seules…

Détroit, ville autodétruite

En 1950, Détroit, Michigan, comptait un peu plus de 1,8 million d’âmes. La ville, fondée deux cent cinquante ans plus tôt par un Français, était alors le fer de lance de l’industrie américaine ; c’est à Motor City, la « cité des moteurs », que les Big Three – General Motors, Ford et Chrysler – sont nées et ont prospéré, créant des milliers d’emplois bien payés qui, à la fin de la décennie, permettaient à la ville d’afficher le niveau de revenu par habitant le plus élevé des États-Unis. Le Détroit des fifties, c’était la quintessence du rêve américain, un eldorado qui attirait irrésistiblement entrepreneurs audacieux et travailleurs à la recherche de salaires attractifs.La suite est sur Causeur.fr (accès payant).

Le paradoxe des oignons

Cette fois-ci, c’est l’inénarrable Paul Jorion qui s’y colle dans un article publié le 26 septembre 2013 sur challenges.fr : « il faut, nous assène l’histrion médiatique, supprimer la spéculation. »Nous-y revoilà. C’est une antique tradition. Déjà, sous l’Ancien Régime, on avait coutume de faire porter le chapeau des aléas climatiques et des politiques imbéciles aux accapareurs ; aujourd’hui, force est de constater que rien n’a changé et qu’on trouve toujours, à la barre du tribunal révolutionnaire, un accusateur public prêt à dénoncer les méfaits des spéculateurs. Si les prix montent, qu’on les pende ; si les prix baissent, qu’on promène leur tête au bout d’une pique ! Au royaume du mensonge, la dénonciation de l’ennemi du peuple tient toujours lieu de pensée.Plutôt que de rentrer dans un débat théorique, je vous propose une approche purement expérimentale, une vérification empirique qui, si elle ne satisfait sans doute pas les conditions requises sur une paillasse – c’est le lot com…

Un peu de magie

Ce matin à 9 heures (heure de Paris), le marché des actions parisien ouvrait en même temps que celui de Londres (où il était 8 heures) tandis qu’à Hong Kong (où il était 15 heures) on entrait dans la dernière heure de cotation.À Paris, le titre HSBC Holdings ouvrait à 8,19 euros exactement tandis qu’à Londres, où le marché est nettement plus liquide, on se l’échangeait pour 684,8 pence [1] et qu’au même moment, à Hong Kong, l’action HSBC Holdings valait 85,55 dollars locaux (HKD). Une demi-heure plus tard, à 9 heures 30 donc, le titre négocié à Paris était en baisse de 0,73% à 8,13 euros. Même constat à Londres et à Hong Kong, même si la baisse est moins accentuées : l’actions HSBC vaut 681,3 pence (-0,47%) et 85,15 dollars de Hong Kong (-0,51%) respectivement. Encore une demi-heure plus tard, Hong Kong ferme. À Paris le titre HSBC continue à baisser : il vaut désormais 8,1 euros ; à Londres et à Hong Kong, en revanche, il se stabilise à 681,7 pence et 85,2 dollars respectivement (+0,…

Incompétence ou mensonge ?

Considérons le prix d’entrée du dernier iPad d’Apple (avec écran Retina), qui, en France coûte 509 euros.C’est effectivement le même prix qu’au Portugal et en Irlande ; en cherchant un peu, on peut même trouver plus cher comme en Finlande, où il coûte 514 euros, et surtout en Suède et au Danemark où vous devrez débourser l’équivalent 522 euros (4 495 SEK) et 537 euros (3 999 DKK) respectivement.En revanche, sans aller très loin, on trouve le même engin bien moins cher. Aux Pays-Bas, il vous coûtera 505 euros tandis qu’en Espagne, en Italie, en Autriche, en Allemagne et en Belgique, vous pourrez en acquérir un pour 499 euros. Poussez encore un peu et vous trouverez des iPad flambant neufs pour l’équivalent de 487 euros en Norvège (3 890 NOK), à 474,26 euros au Luxembourg et – record européen à ma connaissance – à environ 457 euros en Suisse (562 CHF).En résumé, les propos tenus par madame Filippetti sur RTL ne peuvent s’expliquer que de deux façons : (i) elle dit absolument n’importe q…

L'Économie positive - Copyright J. Attali

Invité sur BFM Business ce lundi 16 septembre, l’inénarrable Jacques Attali – polytechnicien, énarque, haut fonctionnaire, professeur, écrivain, acteur, chef d’orchestre et d’entreprise [1] et accessoirement conseiller spécial du prince – nous dévoilait un coin de l’épais mystère qui enveloppe le rapport sur l’Économie positive qu’il doit remettre au Président de la République ce 21 septembre de l’an de grâce 2013.À commencer par la question que tout le monde se pose – du moins dans les lieux suffisamment éloignés du pouvoir pour ne pas être au courant mais pas assez pour s’en moquer éperdument – à savoir : mais qu’est-ce donc que l’Économie positive ? Eh bien, « l’économie positive, nous révèle l’intéressé, c’est l’économie qui s’intéresse au long terme, c’est-à-dire qui prend ses décisions en fonction de l’intérêt des générations suivantes. »Nous voilà édifiés.Quoi que… Peut être une illustration serait-elle utile pour mieux comprendre de quoi il retourne ; c’est l’indéboulonnable J…

De l’indépendance de la Fed

Le 10 septembre 2008, cinq jours avant la faillite de Lehman Brothers, la Réserve fédérale américaines détenait un portefeuille de titres de créance émis par le Trésor des États-Unis évalué à 479,8 milliards de dollars. Cinq ans plus tard, ce 11 septembre 2013, ce montant atteint 2 041 milliards – soit une augmentation de 325% – ce qui fait de la banque centrale américaine, qui détient désormais 17% de la dette publique négociable, le premier créancier du gouvernement des États-Unis [1].C’est, naturellement, le résultat de la politique monétaire mise en œuvre par le Federal Open Market Committee (FOMC) ces dernières années, politique qui a principalement consisté, dans un premier temps, à faire baisser le taux moyen du marché interbancaire (les Fed Funds) puis, constatant que cette politique ne produisait pas les effets escomptés (c’est-à-dire une expansion du crédit bancaire ), à agir directement sur la partie longue de la courbe des taux au travers de ce que la presse désigne sous l…