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Articles

Affichage des articles du 2017

Pourquoi il n’y a pas de sphère de Dyson autour de KIC 8462852

KIC 8462852, aussi connue sous le nom d’étoile de Boyajian, fait encore des siennes. Les étranges fluctuations lumineuses de cet astre de la constellation du Cygne n’en finissent plus de plonger les astronomes dans des abimes de perplexité. Personne, à ce jour, n’a été capable de les expliquer à tel point que, faute d’explication naturelle, nombreux sont ceux qui se demande si nous n’aurions pas découvert une sphère de Dyson.Une sphère de Dyson, si tant est qu’une telle chose existe, c’est une gigantesque structure construite par une civilisation très avancée autour d’une étoile pour en capter l’énergie. L’hypothèse, formulée par le physicien et mathématicien Freeman Dyson en 1960, repose sur la même intuition que l’échelle de Kardachev : une civilisation très avancée [1] consomme nécessairement des quantités gigantesques d’énergie et, pourvu qu’on en soit matériellement capable, exploiter celle qui est émise par une étoile semble être une bonne idée.De fait, si vous considérez les de…

Le prix des sardines quand les pêcheurs ont des téléphones

Soit deux petits villages de pêcheurs de sardines du sud de l’Inde. Chaque nuit, les pêcheurs de chaque bourg partent jeter leurs filets en mer et, le matin venu, ils vendent leurs prises sur la plage à la population de leurs villages respectifs. Parce qu’ils sont relativement distants l’un de l’autre et ne disposent pas de moyens de communication rapide, nos villages vivent en autarcie. C’est-à-dire que leurs habitants n’achètent de sardines qu’aux pêcheurs de leur propre village qui, symétriquement, n’en vendent à personne d’autre qu’à leurs concitoyens.Dans l’état actuel des choses, donc, la ration quotidienne de protéines des habitants de nos villages dépend exclusivement de leurs pêcheurs respectifs. Si la pêche est fructueuse, il est probable que les sardines seront bradées au marché du matin et il n’est pas impossible que les pêcheurs se retrouvent même avec des invendus — c’est-à-dire des poissons bons à jeter. Si, au contraire, la pêche de la nuit a été mauvaise, vous pouvez …

Pro Macron - lettre ouverte à mes amis libéraux

Pardon pour cette platitude mais le succès d’Emmanuel Macron c’est avant tout l’expression d’un désir de renouvellement de notre classe politique. Je ne crois pas, si vous me permettez cette hypothèse personnelle, que la plupart de ses électeurs aient voté pour son programme et je suis même convaincu que très peu l’ont lu. Emmanuel Macron est avant tout l’incarnation de ce que nombre de nos concitoyens attendent : une nouvelle tête — un candidat dont les débuts en politiques n’ont pas été photographiés en noir et blanc [1] — et, à tort ou à raison, une rupture avec le système politique hérité de la Libération.Et c’est précisément ça qui a, je crois, tué la candidature de François Fillon. Face à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, lors de la primaire, il pouvait aisément passer pour le candidat du renouvellement de la droite et ce, d’autant plus qu’il tenait à l’époque un discours très libéral au regard de ce à quoi nous sommes habitués de la part des Républicains [2]. Seulement voilà : no…

Plus se multiplient les lois et les ordonnances...

« Plus se multiplient les lois et les ordonnances,
plus foisonnent les voleurs et les bandits. »
— Lao Tseu, Tao-tö kingIl y a quelques années de ça, quand je débutais ma carrière, je vendais des fonds d’investissement à de petits investisseurs institutionnels français. Il y avait, là-dedans, un peu de tout : des petites caisses de retraites, quelques entreprises qui avaient accumulé un trésor de guerre mais surtout, des banques régionales qui investissaient en compte propre. C’est en rendant visite au trésorier de l’une d’elles que j’ai réalisé quelque chose d’important.À priori, lorsque vous rencontrez le trésorier d’une petite banque régionale, vous ne vous attendez pas à discuter avec quelqu’un de très technique. Ce que je dis ici n’a rien de condescendant ; c’est juste un fait : gérer le compte propre d’une petite banque de province, ça n’a rien à voir avec ce qui se fait dans les grandes institutions financières qui, en général, disposent de salles des marchés dédiées et d’équipe…

Le maquis des agences de l’État

Mesdames et Messieurs nos élus,Il est sans doute inutile que je rappelle ici l’état de nos finances publiques, d’une part, et le peu de crédit qu’accordent la plupart de nos concitoyens à la chose publique c’est-à-dire à notre République, de l'autre. L’heure, vous en conviendrez, n’est plus aux demi-mesures et aux ajustement à la marge : il est temps, il est urgent de mettre de l’ordre et de la transparence dans nos affaires publiques. Or, il se trouve que, ces dernières semaines, j’ai consacré une (trop) grande partie de mon temps libre — et de celui de quelques amis — à essayer de comprendre quelques chose aux agences de l’État et aux budgets qui leurs sont affectés. Ce que j’y ai vu, Mesdames et Messieurs nos élus, dépasse l’entendement. À l’heure où, après 42 années consécutives de déficits budgétaires et malgré une des pressions fiscales les plus élevées au monde, notre dette publique atteint des sommets historiques, je constate que les fonds qui manque tant à des fonctions e…

Dividendes et investissement

Une idée aussi fausse que répandue voudrait que le choix de payer des dividendes résulte de « la pression qu’exercent les actionnaires au détriment du développement à long terme de l’entreprise. » C’est tout à fait faux. Si vous étiez actionnaire d’une entreprise, ce n’est absolument pas de cette façon que vous envisageriez le problème. La vraie question est : réinvestir, d’accord, mais pour quoi faire ?Commençons par fixer le cadre. Quand une entreprise privée réalise des bénéfices, elle a le choix entre deux options : la première consiste à distribuer cet argent à ses actionnaires sous forme de dividendes [1], la seconde à réinvestir ses profits. En pratique, la plupart des entreprises et notamment les grandes entreprises, font un peu des deux ; elles distribuent un dividende et réinvestissent le reste.Payer des dividendes ou réinvestir, c’est un choix stratégique. Si, au regard des perspectives et des opportunités qui s’offrent à vous, vous estimez qu’il existe des projets d’invest…

Les Chicago Boys, Milton Friedman et Augusto Pinochet

Cinq Chicago Boys vers 1957
(dont Sergio de Castro, à droite)Tout commence en 1955. Nous sommes alors en pleine guerre froide et les deux grands blocs — l’URSS et les États-Unis — se livrent une lutte sans merci pour accroître leurs zones d’influences respectives. Dans la longue liste des terrains d’affrontement, l’Amérique Latine figure en bonne place et le Chili n’échappe pas à cette règle. La situation chilienne, du point de vue américain, est particulièrement inquiétante : la gauche y vire marxiste, le reste du spectre politique est divisé et les politiques populistes du général-président Carlos Ibáñez ne laissent rien présager de bon. À Washington, on cherche donc à restaurer l’influence des États-Unis dans la région.C’est dans ce contexte qu’en juin 1955, Theodore Schultz, Earl Hamilton, Arnold Harberger et Simon Rottenberg, tous représentants de l’Université de Chicago, débarquent à Santiago pour y signer un accord avec l’Université Pontificale Catholique du Chili. L’objet de l’…

Non, Salvador Allende n’était pas « sur le point de réussir »

Au centre, Allende et Brezhnev, le 11/12/1972 à Moscou.Parmi les nombreuses tartes à la crème qu’on voit circuler sur les Internets, il y a l’idée prégnante et manifestement reçue par beaucoup selon laquelle Salvador Allende était « sur le point de réussir » quand la CIA l’a remplacé par la junte d’Augusto Pinochet. Non. À moins que par « réussir » vous entendiez « réussir à instaurer une dictature » à la mode cubaine ou soviétique, rien n’est plus faux. Un rapide retour sur ces trois années s'impose.Lorsque Salvador Allende, candidat d’une coalition qui regroupait presque tous les partis de gauche du Chili, arrive premier à l’élection présidentielle du 4 septembre 1970 avec 36.2% des voix, il n’est pas pour autant élu. En effet, la constitution chilienne de l’époque voulait que si aucun candidat n’emportait la majorité des suffrages, les deux premiers seraient départagés par un vote du Congrès. Allende devait donc convaincre les parlementaires chiliens de lui apporter leurs suffr…

De la gestion de l’eau en France

Avertissement : je suis à peu près certain que toutes les informations données dans cet article sont justes et à peu près à jour. En revanche, je ne suis aucunement en mesure de vous en garantir l’exhaustivité. C’est que, voyez-vous, l’eau c’est important, c’est la vie, ce n’est pas un produit comme les autres que l’on pourrait laisser aux libres forces du marchés (lesquelles sont sauvages, dérégulées et apatrides). Il faut donc l’encadrer sévèrement ce qui, dans la Grande Tradition Administrative Française (GTAF), implique moult commissions, agences et autres instances organisées en couches successives à tous les échelons de façon à créer un maillage si étroit et méticuleux qu’un esprit limité comme le mien s’y perd. Forcément.Au niveau national, la politique de l’eau incombe à la Direction de l’Eau et de la Biodiversité laquelle dépend de la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer (MEEM). Ell…

De Kallstadt à New-York, une histoire américaine

Friedrich est né à Kallstadt, dans le royaume de Bavière, le 14 mars 1869. À la mort de son père, Johannes, alors qu’il n’a que 8 ans, c’est sa mère, Katharina, et ses cinq frères et sœurs qui héritent des vignes familiales et d’un bon paquet de dettes. Katharina, jugeant Friedrich trop chétif pour le dur labeur des champs, décide d’en faire un barbier. Mais ce n’est pas à Kallstadt, modeste bourgade de mille âmes, que le garçon pourra exercer son art et ce, d’autant plus que l’âge de la conscription dans l’armée impériale allemande approche. Friedrich, qui n’a alors que 16 ans, décide d’émigrer aux États-Unis.Nous sommes en 1885. Après une traversée de 12 jours à bord du Eider, le jeune Friedrich arrive au Castle Garden [1] le 19 Octobre avec un bon millier de ses compatriotes. Comme tous les migrants depuis la nuit des temps, ce sont majoritairement des hommes, ils sont jeunes, célibataires et plutôt pauvres. Friedrich n’échappe à aucune de ces règles mais il peut compter sur sa sœu…

Opération Léviathan

Peu d’État, dans l’histoire du monde, ont plus mérité d’être appelé Léviathan que le nôtre aujourd’hui. La superstructure publique est partout, elle intervient dans tous les domaines et, si vous lisez ces mots, c’est que vous faites partie de ceux qui en ont pris conscience.En théorie, dans ce qu’il est convenu d’appeler un démocratie, le peuple souverain est en mesure de surveiller le Léviathan et, si besoin est, de l’obliger à reculer. Sauf que, dans l’état actuel de nos affaires publiques, cet acte de surveillance est devenu impossible. Il y a trop de comités, trop d’agences, trop de lois pour qu’un être humain normalement constitué puisse espérer, même en y consacrant tout son temps, même en étant notoirement compétent, démêler le nœud Gordien des affaires publiques.Simplement : c’est trop compliqué, trop changeant pour que vous ou moi puissions prétendre y comprendre quoi que ce soit et donc, voter comme de vrais citoyens.Mais l’union, dit-on, fait la force. Si, seuls dans nos co…